Sarcophage du Roi Ahiram avec inscription phénicienne
calcaire, Byblos, tombes royales, Xème s. av. J.-C.
Considéré comme la pièce maîtresse du Musée National, ce sarcophage est caractérisé par les reliefs et l’inscription qui en ornent la cuve et le couvercle, éclairés en certains endroits par des restes de peinture rouge. Sur les longs côtés, une scène de banquet funéraire montre le roi, assis sur son trône, recevant les offrandes de personnages défilant en procession devant lui. Des pleureuses occupent les bas côtés en signe de deuil.
L’inscription débute sur la cuve et se termine sur le couvercle:
Sarcophage qu’a fait Itthobaal fils d’Ahiram, roi de Byblos, pour Ahiram son père, lorsqu'il le plaça pour l'éternité. Mais si un roi parmi les rois, ou un gouverneur parmi les gouverneurs, ou le commandant d'une armée monte contre Byblos et ouvre ce sarcophage, que le sceptre de son pouvoir soit flétri et que le trône de son royaume soit renversé et que fuit la paix de Byblos. Et (quant) à lui, que son inscription soit effacée ...
Cette inscription représente le plus ancien texte écrit en caractères phéniciens. C’est au 1er millénaire que les Phéniciens diffuseront cet alphabet sur le pourtour du bassin méditerranéen, ce qui leur vaudra, chez les Grecs, la réputation d’avoir inventé l’alphabet.







Pectoral du Roi Ip Chemou Abi, or et pierres semi-précieuses
Byblos, tombes royales, Age du Bronze Moyen
Ce pectoral fait partie du matériel funéraire du roi de Byblos. L’influence égyptienne apparaît clairement dans la représentation du faucon aux ailes déployées ainsi que dans le cartouche inscrit au nom du roi en caractères hiéroglyphiques.





Hippopotame, faience
Byblos, Age du Bronze Moyen
Retrouvées parmi les offrandes du temple des Obélisques, ces figurines d’hippopotames représentent un animal détesté par les Egyptiens pour sa gloutonnerie et les dégâts qu’il occasionait aux plantations. Seule, l’hippopotame femelle était appréciée comme un symbole de fécondité.






Hache fenestrée, or
Byblos, Age du Bronze Moyen
Découvertes dans le temple des Obélisques de Byblos, ces haches fenestrées figurent parmi les armes de luxe, poignards et flèches, que les dignitaires offraient aux divinités guerrières de la ville, au dieu Reshef ou à la déesse Anat.







Déesse, ivoire
Kamed el Loz, Age du Bronze Récent

 

L'Age du Bronze annonce la fin des temps préhistoriques avec l'avènement de la civilisation urbaine et l'apparition de l'écriture. Il se divise en Bronze ancien (3200-2000), Moyen (2000-1500) et Récent (1500-1200).

Au Liban, cette période voit la mutation des premiers villages en cités fortifiées dont la vocation commerciale et maritime commence à s'affirmer. Byblos dont les relations avec l'Egypte remontent déjà au IVème millénaire en constitue le premier fleuron. Les cités du littoral sont au coeur des échanges qui se font dans le cadre de la Méditerranée Orientale.

Des liens s'établissent aussi avec le monde syro-mésopotamien et la Palestine et des sites de l'intérieur tels 'Arqa dans le 'Akkar et Kamed el Loz dans la Béqaa y jouent un rôle important.




Statuette bronze et feuille d'or
Byblos,
Age du bronze moyen
Cette figurine fait partie d’un grand nombre d’offrandes retrouvées dans le sous-sol du temple des Obélisques de la ville de Byblos. Ces figurines, en majorité masculines et nues, portent un casque ou une coiffe élevée qui rappellent la couronne égyptienne, indice probable des liens très serrés qui reliaient Byblos à l'Egypte.






Boîte à fard, Ivoire
Sidon , Age du Bronze Récent
Produit de luxe, cette boîte à fard en forme de canard est taillée dans de l’ivoire d’hippopotame. Elle constitue un des rares témoignages de cet art, retrouvés au Liban, la majorité des pièces ayant été emportées auparavent avec le butin des rois assyriens.






Musicien, ivoire
Kamed el Loz, Age du Bronze Récent
Les figurines de Kamed el Loz illustrent bien la maîtrise des artisans locaux qui travaillaient l’ivoire à l’Age du Bronze Récent. Elles témoignent ainsi, à côté d’autres pièces retrouvées sur ce site, de l’existence d’un art de luxe.





L’histoire des cités de l’Age du Bronze nous est révélée par les textes et par l’archéologie.
La documentation écrite de cette période se limite aux annales égyptiennes militaires ainsi qu’à la correspondance diplomatique, lettres de Tell el ‘Amarna, envoyée par les rois des cités aux pharaons égyptiens des XIVème et XIIIème siècles.
L’archéologie a mis au jour l’habitat et les fortifications ainsi que les temples et nécropoles de ces cités. Ces vestiges étaient accompagnés d’un riche matériel religieux et funéraire, permettant de mieux connaître la vie des habitants, leurs croyances et leur artisanat .
Sites de la côte ou de l’intérieur, ils sont au carrefour des civilisations. Les chefs-d’oeuvre d’orfèvrerie, provenant des tombes d’Abi Chemou et d’Ip Chemou Abi, rois de Byblos, montrent la maîtrise du travail de l’or et de l’argent. L’ivoire des boîtes à fard de Sidon et des figurines de Kamed el Loz confirment la production d’objets de luxe.



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